Cet article vous est proposé par Circulab, cabinet de stratégie et de design spécialisé dans l’économie circulaire depuis plus de 10 ans. À travers ses missions d’accompagnement, ses formations et ses outils, Circulab aide les organisations à transformer leur modèle pour le rendre plus robuste, plus sobre et moins dépendant des ressources.

Acheter reconditionné : un geste concret, une logique à prolonger

Ce que le reconditionnement dit de vous (et ce qu’il ne dit pas encore)

Choisir du mobilier reconditionné plutôt que du neuf, c’est souvent plus qu’un arbitrage budgétaire. C’est une manière différente de considérer les objets (moins parfaits, certes, mais tout autant fonctionnels) et surtout de questionner leur durée de vie. Dans beaucoup d’entreprises, ce type de choix vient bousculer des habitudes très installées autour du neuf et de l’image de marque. Ce qui est intéressant, c’est que les collaborateurs y sont souvent plus sensibles qu’on ne le croit. Tout comme les clients ou les partenaires, qui regardent de plus en plus la cohérence entre les engagements affichés et les pratiques réelles. Cela dit, une entreprise peut très bien équiper ses bureaux en seconde main tout en conservant sur le reste de sa chaîne de valeur, un fonctionnement entièrement linéaire (par exemples : matières premières vierges, équipements difficilement réparables, produits jetés après usage, dépendance forte à des approvisionnements fragiles, etc.). Le reconditionnement est alors un premier pas (très utile) mais qui ne transforme pas encore la logique profonde du modèle.

La différence entre un geste circulaire et une stratégie circulaire

C’est précisément là qu’apparaît la différence entre une action circulaire et une véritable stratégie d’économie circulaire. Dans beaucoup d’entreprises, les premières initiatives naissent de décisions assez concrètes, comme l’achat de matériel reconditionné ou la réduction de certains emballages. Bien-sûr, ces actions ont leur utilité puisqu’elles permettent de sensibiliser les équipes et de faire évoluer certaines habitudes.
Toutefois, une stratégie circulaire implique généralement un niveau de réflexion plus large, et plus systémique. Elle conduit l’entreprise à s’interroger sur sa manière de s’approvisionner, sur la conception de ses produits, sur la durée de vie de ses équipements, sur les ressources qu’elle perd ou pourrait récupérer, et plus largement sur la façon dont elle dépend de certains flux matériels ou énergétiques. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’améliorer certaines pratiques à la marge, mais de comprendre comment l’ensemble du modèle fonctionne et où se situent ses
fragilités. Cette transition ne se fait évidemment pas du jour au lendemain. Dans beaucoup de cas, les démarches les plus structurantes commencent justement par des initiatives modestes qui ouvrent progressivement d’autres questions et d’autres enjeux.

Ce que penser circulaire veut vraiment dire pour une PME ou ETI

La chaîne de valeur comme point de départ

La plupart des dirigeants de PME ou d’ETI connaissent très bien leur activité et leurs contraintes. En revanche, ils ont parfois une vision partielle de ce qui se passe avant leurs fournisseurs ou après leurs clients. Une entreprise peut dépendre d’un matériau dont les prix deviennent instables sans
avoir mesuré ce que ça implique à moyen terme. Une autre génère des volumes importants de déchets sans avoir envisagé qu’ils puissent représenter une ressource. Dans certains cas, ce sont les coûts de maintenance ou les difficultés logistiques qui révèlent les limites d’un modèle trop dépendant.
C’est pourquoi les démarches d’économie circulaire commencent souvent par un travail de cartographie. C’est d’ailleurs pour cela que chez Circulab, nous avons développé une boîte à outils permettant de poser un premier regard sur l’enemble de sa chaîne de valeurs et ses dépendances.

Économie circulaire forte vs. économie circulaire faible : ne pas confondre les deux

Comme expliqué, mettre en place du tri ou de la valorisation des déchets tout en conservant un modèle de production inchangé améliore certains indicateurs, mais ne remet pas toujours en question les mécanismes qui génèrent les problèmes à la source. À l’inverse, une approche plus profonde (économie circulaire forte) consiste à repenser la conception des produits, leur usage, leur récupération. Ça peut passer par des modèles fondés sur l’usage plutôt que la possession, une meilleure réparabilité, une réduction volontaire de certaines dépendances matérielles. La distinction entre économie circulaire « faible » et « forte » n’est pas un jugement moral, mais il s’agit d’un repère pour comprendre qu’on ne rend pas un modèle résilient en ajoutant quelques bacs de recyclage.

L’économie circulaire au service de la résilience d’entreprise

Les tensions actuelles comme signal d’alarme

Depuis 2020, beaucoup d’entreprises ont découvert à quel point leurs chaînes d’approvisionnement pouvaient devenir vulnérables très vite. Pénuries de matériaux, hausse des coûts de transport, tensions énergétiques : des dépendances qui existaient depuis longtemps mais restaient invisibles tant que rien ne grippait. Dans certains secteurs, ces tensions ont provoqué des retards. Dans d’autres, elles ont remis en question des modèles entiers construits sur des flux très tendus et une optimisation permanente à court terme.

Moins de dépendances, moins de vulnérabilités

L’économie circulaire est souvent présentée sous l’angle environnemental. Et, évidemment, il s’agit d’un levier primordial. Toutefois, ses implications économiques sont pourtant de plus en plus concrètes ! Une entreprise qui prolonge la durée de vie de ses équipements réduit mécaniquement son exposition aux fluctuations des matières premières. Celle qui récupère certains composants dépend moins des marchés internationaux. Les
modèles fondés sur la maintenance ou le réemploi construisent souvent des relations plus durables avec les clients. Ces transformations demandent du temps et des ajustements. Mais dans un contexte où les incertitudes deviennent structurelles, elles ressemblent de moins en moins à des
contraintes et de plus en plus à des leviers de stabilité.

Des entreprises qui ont sauté le pas : ce que ça change concrètement

D’un produit jetable à un produit qui revient

SLAT, une PME lyonnaise spécialisée dans les équipements électriques de sécurité, et notamment les batteries rechargées par panneaux solaires pour la vidéosurveillance urbaine. Le problème que l’entreprise avait identifié était assez paradoxal : une grande partie de ses équipements revenait en fin de contrat alors qu’ils étaient techniquement fonctionnels. Pas parce qu’ils étaient usés mais parce que les normes avaient évolué, ou que les clients préféraient repartir sur du neuf. Résultat : des volumes importants de matériel encore valable stockés sans réelle solution de valorisation. Dans le cadre d’un programme d’accélération de la Métropole du Grand Lyon, l’entreprise a fait appel à Circulab pour analyser sa chaîne de valeur, notamment grâce u Value Chain Canvas, une méthode développée par Circulab permettant d’analyser en atelier et en profondeur le marché des batteries. Le travail collectif engagé a permis une prise de conscience collective sur la nécessité stratégique pour SLAT de s’engager dans le reconditionnement des batteries. L’entreprise a donc amorcé un travail pour récupérer et remettre en état les équipements collectés, et ainsi les redéployer sur des marchés où les exigences réglementaires diffèrent légèrement. Ce qui avait commencé comme une réflexion sur la gestion des déchets a ouvert de nouveaux débouchés commerciaux…

Quand l’alignement des équipes débloque l’action

Agriviva est une légumerie basée à Montpellier, spécialisée dans la transformation et le conditionnement de fruits et légumes locaux en 4ème gamme (frais, non congelés). L’entreprise soutient la production maraîchère locale et développe l’insertion par l’activité économique. Quand Agriviva a sollicité Circulab, l’objectif initial était d’identifier et d’analyser les principaux risques à terme. Mais pour y arriver, il fallait d’abord créer les conditions d’un diagnostic partagé et pas seulement une présentation de consultant mais un vrai travail collectif ! La mission a combiné plusieurs outils : le Circular Canvas pour cartographier le modèle d’affaires avec les équipes, une matrice de risques construite en atelier avec les parties prenantes, puis le Business Resilience Game adapté spécifiquement aux risques d’Agriviva. La mission s’est conclue sur un plan d’actions à six mois, embarquant les équipes. Ce qui manquait, c’était un espace pour nommer les choses collectivement et décider ensemble quoi en faire. Une fois les équipes alignées sur le diagnostic, les solutions ont émergé naturellement.

Ce que ces deux structures ont en commun

Deux secteurs différents, deux tailles d’entreprise, deux points de départ différents. Mais le même cheminement : partir d’une cartographie honnête de ce qui ne fonctionne pas, impliquer les équipes dans le diagnostic, et accepter que les solutions ne ressemblent pas toujours à ce qu’on imaginait au départ. Dans les deux cas, l’économie circulaire n’a pas été traitée comme un projet RSE confié à une direction développement durable isolée. Elle a été intégrée à la stratégie, parce qu’elle répondait à des enjeux économiques réels.

Par où commencer ?

La première étape ne consiste pas forcément à lancer un grand programme de transformation. Dans beaucoup d’entreprises, le plus utile est de prendre le temps d’analyser les dépendances existantes, les coûts les plus exposés, les ressources qui pourraient être mieux valorisées. D’où viennent les matières premières critiques ? Quels équipements sont remplacés plus vite que nécessaire ? Quels flux génèrent des pertes évitables ? Ces questions paraissent opérationnelles, mais elles ouvrent souvent une réflexion beaucoup plus large et systémiques sur la manière dont l’entreprise fonctionne.

Janine, un appui méthodologique, pensé par des praticiens de l’économie circulaire

C’est dans cette logique que Circulab a développé Janine, une assistante méthodologique pour vous aider à concevoir et déployer votre stratégie d’économie circulaire et de résilience. Il ne s’agit pas d’une IA généraliste supplémentaire, mais un outil spécialisé et alimenté par plus de dix années de missions terrain et de travaux sur l’économie circulaire. Concrètement, Janine vous aide à mieux comprendre les modèles circulaires adaptés à
votre contexte, à obtenir la bonne méthode pour commencer à cartographier vos flux, et surtout à identifier les bonnes questions avant d’engager un travail plus approfondi. Pour beaucoup d’organisations, c’est précisément là que tout commence et là que l’on perd le plus de temps sans le bon appui.
Curieux de voir ce que ça donne ? Vous pouvez tester Janine gratuitement dès maintenant et découvrir les offres d’abonnement sur la Circulab Academy.